LES GRANDES NOTIONS

 

REPERES HISTORIQUES

Les premiers colons arrivent au 17e siècle, souvent chassés d’Europe pour des motifs religieux (par exemple les pèlerins du Mayflower). Rapidement, 13 colonies vont se constituer. Après une guerre contre les Britanniques, l’indépendance est déclarée le 4 juillet 1776. La Constitution est ratifiée en 1787. Tout au long du 19e siècle a lieu la « conquête de l’Ouest », c’est-à-dire le peuplement progressif des territoires qui se situent à l’intérieur du pays, qui sera fatal aux peuples indiens déjà présents. De 1860 à 65, la Guerre de Sécession divise le Nord et le Sud. En 1865 l’esclavage est aboli. A la fin du 19e siècle, les deux parties du pays vont se rejoindre, la conquête de l’Ouest va s’arrêter.

Symboliquement, le 10 mai 1869, la ligne de chemin de fer venant de l’Est et celle venant de l’Ouest sont reliées. En 1892, l’historien Turner constate « la fin de la Frontière » le pays est constitué.

 

L’ÉMERGENCE DE CERTAINES VALEURS

… dont certaines contiennent leur propre contradiction :

La notion de Blanc « civilisateur », porteur de valeurs d’inspiration chrétienne, mais aussi destructeur, envahisseur, esclavagiste.

Le puritanisme (calviniste) / la recherche des limites. S’il n’y a pas aux Etats-Unis l’équivalent de la querelle européenne des Anciens et des Modernes, il y a bien la question : réagir ou non au puritanisme des origines du pays ?

L’absence de racines / la recherche de fondations, de repères.

L’optimisme, le besoin de toujours aller de l’avant.

L’existence (ou le fantasme) d’une nature dont on doit respecter la pureté originelle et la perfection.

Le pionner, le découvreur, et en conséquence la valorisation de l’initiative individuelle. Le prix à payer : parfois une certaine solitude.

La place de l’artiste (et de l’écrivain) dans une société en construction. Au 19è siècle, par exemple, la vie rude que mènent les colons qui partent vers l’Ouest, ou toutes les difficultés rencontrées par les immigrants, laissent peu de place à l’expression artistique (et littéraire).

Ecrire son journal : une activité qui a toujours été très pratiquée dans la culture anglo-saxonne.

 

QUELQUES TERMES

NOVEL est la traduction du mot « roman ». Un écrivain est un novelist. La traduction de « nouvelle » en anglais est short story.

PRIX PULITZER : Prix créé en 1918 au départ décerné par des journalistes. Aujourd’hui il concerne plus de 20 catégories (dont : roman, poésie, biographie, musique, etc) et est décerné par des spécialistes du domaine concerné.

BEST-SELLER : terme d’origine américaine, désignant les livres qui se vendent le mieux. De sell = vendre

 

9 LAUREATS DU PRIX NOBEL

… de littérature sont Américains. Deux autres lauréats sont Américains d’origine étrangère, réfugiés pour des raisons politiques.

Cela classe le pays au 2e rang du palmarès des prix Nobel, derrière la France.

NAISSANCE D’UNE IDENTITE

 

Dans ce pays nouveau des écrivains vont pouvoir s’exprimer. Les premiers éditeurs apparaissent, en même temps qu’un lectorat national. De plus, les premiers livres américains vont arriver en Europe, et contribuer à faire connaître une nouvelle culture. Les premiers écrivains américains sont influencés par leur culture européenne. Progressivement, ils vont créer et développer des thèmes spécifiquement américains.

« Les enjambées les plus rapides qu’aucune nation ait faites »

H.D. Thoreau

 

DE NOUVEAUX THEMES LITTERAIRES

L’OUEST. La conquête de l’Ouest, c’est la découverte constante d’espaces nouveaux, encore inexplorés par les Blancs, et de leurs ressources. Ce sont les villes créées très rapidement, les chercheurs d’or, les aventuriers dans la nature, le mythe de l’entrepreneur. Le thème de la Frontière, toujours en mouvement, émerge, et avec lui les Frontier novels (romans de la frontière). Quelques écrivains de l’Ouest : Jack London (1876-1916), O’Henry (1862-1910), Ambrose Bierce (1842-1914),Willa Cather (1876-1947).

LE SUD. Un mode de vie et une organisation sociale particuliers, basés sur l’esclavage, les préjugés racistes et le pouvoir des grands propriétaires. Des valeurs inacceptables, qui, combinées à des différends économiques avec le Nord, vont bientôt diviser les nouveaux Etats-Unis et conduire à une guerre civile. Les écrivains vont souvent dénoncer les injustices, notamment raciales (Faulkner par exemple).

LA PRAIRIE. Une société basée sur l’agriculture, et le triomphe des valeurs rurales. Un certain puritanisme religieux. La Prairie représente un monde idéal, équilibré.

LA ROUTE. Ou l’évasion vers les espaces vides. En cas de problèmes tout quitter pour recommencer ailleurs. Les écrivains expérimentent souvent cette méthode, cette issue.

« Chaque couchant que je contemple m’emplit du désir de partir pour un Ouest aussi lointain et resplendissant que celui au sein duquel le soleil se couche »

H.D. Thoreau

LA DECOUVERTE DU PAYS

James Fenimore COOPER (1789-1851) est l’un des premiers écrivains à traiter de thèmes spécifiquement américains, et parmi les premiers à partir à l’aventure vers des terres encore inexplorées par les Blancs. Il raconte les aventures de son héros, Bas-de-Cuir, dans une série de livres (Le Dernier des Mohicans en 1826, par exemple). Bas-de-Cuir rencontre les Indiens, apprend à les connaître, et parle de leur culture. En même temps, ces livres évoquent les destructions opérées par les Blancs. Ces frontier novels ont un gros succès populaire à l’époque.

 

UN CAS A PART

Edgar Allan POE (1809-1849). Poète, romancier, conteur, il est admiré par Baudelaire et Paul Valéry. Il ne parle pas de son pays, mais a construit un univers littéraire original, à la fois dans les thèmes et dans la construction. Il est l’auteur de courtes nouvelles et un des premiers auteurs d’histoires policières (Double assassinat dans la rue Morgue, 1841). Un univers fantastique, sombre, angoissant, parfois macabre.

 

 

1830-1860

LE TRANSCENDANTALISME

UN MOMENT PARTICULIER

 

 

Les transcendantalistes sont un groupe informel de personnalités aux idées communes qui se réunissent autour d’Emerson. Ce sont des intellectuels américains qui vivent dans une grande liberté, reçoivent des influences nombreuses (des philosophies asiatiques à Kant), et disposent d’une liberté de ton et d’innovation leur permettant de proposer des idées nouvelles dans un pays nouveau, ils habitent à Concord (Massachusetts) ou dans la région, qui devient un moment le centre intellectuel des Etats-Unis.

 

 

« C’est à vous de tout connaître, à vous de tout oser… Nous avons trop longtemps écouté les muses polies de l’Europe »         

R. W. Emerson

 

Ralph Waldo EMERSON (1803-1882). Il encourage ses contemporains à se libérer des influences européennes, il a une grande importance dans l’émergence d’une littérature purement américaine. Philosophe, poète, c’est l’un des premiers « intellectuels » américains, et le fondateur du transcendantalisme américain. Il aura une influence certaine sur les écrivains des générations suivantes. Ses essais sont restés célèbres : Nature (1836), considéré comme la déclaration d’indépendance intellectuelle des Etats-Unis, ou Appel aux étudiants américains (1837). Il développe les thèmes de la confiance en soi, incite à vivre des expériences pour mieux se connaître. Pour lui l’expérience individuelle directe doit passer avant les théories, il faut suivre son inspiration. Il lutte contre l’esclavage. Son œuvre inspirera Nietzsche autant que les contestataires des années 1960.

 

 

« Je gagnai les bois parce que je voulais vivre suivant mûre réflexion, n’affronter que les actes essentiels de la vie, et voir si je ne pourrais apprendre ce qu’elle avait à enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n’avais pas vécu. »

H.D. Thoreau

 

Henry David THOREAU (1817-1862). Son œuvre majeure est Walden ou la vie dans les bois (1854), le récit de deux années d’aventure intérieure dans les bois de Walden, près de Concord, retiré de la société et de la compagnie des hommes, dans une maison en bois qu’il a construite. Chaque jour, il marche, lit, nage, observe la nature et les animaux en utilisant tous ses sens. Il écrit son journal, une suite d’impressions quotidiennes. Le livre est aussi une critique de la société de consommation de l’époque, où l’on passait, selon Thoreau, plus de temps à essayer de gagner sa vie qu’à la vivre vraiment. Il est aussi l’auteur d’un autre livre célèbre : De la désobéissance civile (1849), qui va notamment inspirer Gandhi. Thoreau est contre l’esclavage, et pacifiste. Il aura une influence dans les années 1960.

LES SYMBOLISTES

Il sont assimilés au groupe des transcendantalistes car ils en partagent les valeurs, mais ont créé leur propre univers de symboles :

 

Nathaniel HAWTHORNE (1804-1864). Avec notamment La Lettre écarlate (1850), il s’attaque à la critique du puritanisme et de l’intolérance. Il montre que la lutte entre le Bien et le Mal n’est pas si simple : il faut parfois des épreuves pour découvrir une certaine pureté. Pour cela il utilise les symboles.

Herman MELVILLE (1819-1891). Il a fait de nombreux voyages, par exemple comme marin, qui lui donnent le matériau de ses livres. Son chef d’œuvre, Moby Dick (1851) est un échec à sa sortie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FIN DU 19E SIECLE

LA TOURMENTE ET L’ACTION

 

 

Le pays connaît de nombreux évènements et bouleversements. Les tensions économiques et politiques montent entre le Nord (prônant l’abolition de l’esclavage) et le Sud du pays (qui veut à tout prix maintenir son mode de vie sociale fondé sur l’exploitation des Noirs), et vont conduire à la guerre civile.

 

 

Harriet BEECHER STOWE (1811-1896) écrit le livre révélateur de cette période : La Case de l’oncle Tom (1851). Ce livre devenu célèbre dénonce l’esclavage dans le Sud, avant le déclenchement de la guerre. Il a un gros succès à l’époque (un million de ventes), et contribue à influencer les esprits.

Mark TWAIN (1835-1910) se révèle comme un écrivain purement américain. De son vrai nom Samuel Clemens, c’est un homme simple, originaire du Missouri et non des cercles intellectuels de l’Est. Ses livres, dont l’écriture est également simple et émouvante, ont un succès populaire. Il a beaucoup voyagé dans le monde, et a raconté ses voyages. Il est fier d’être Américain, et fier de la nouvelle conquête de l’Ouest américain à laquelle il participe. Il est successivement pilote de bateau sur le Mississippi ou chercheur d’or. Les Aventures de Tom Sawyer (1876) et Huckleberry Finn (1884) sont ses livres les plus connus.

 

 

Après la Guerre de Sécession, les Etats-Unis connaissent une période de très fort développement économique, qui s’accompagne de nombreuses injustices pour les plus défavorisés. Le développement industriel entraîne des excès, la spéculation et la corruption. En littérature, la critique sociale prédomine. Les écrivains vont dénoncer les abus.

 

 

Les contestataires s’appellent Stephen CRANE (1871-1900), Frank NORRIS (1870-1902) avec la Pieuvre (1901), qui dénonce les débordements de l’installation du réseau ferré américain, Upton SINCLAIR (1878-1968) avec La Jungle (1906) qui défend les ouvriers de Chicago. On les appelle les muckrackers (= « fouille-merde »).

Au début du 20e siècle, Theodore DREISER prend leur suite (Une tragédie américaine, 1925).

Jack LONDON (1876-1916), journaliste et surtout romancier, fait aussi partie de ces contestataires. Il a voyagé, connu une vie d’épreuves dont il titre ses livres. Il est autant l’auteur de romans d’aventure (L’Appel de la forêt, 1903, Le Loup des mers, 1904, dont l’action se situe en Alaska) que de romans de critique sociale (Martin Eden, 1909). Il soutient les travailleurs et les paysans contre les hommes d’affaires californiens.

 

 

 

 

 

DEBUT DU 20E SIECLE

UNE GENERATION QUI OBSERVE ET DOUTE

 

 

Dans un pays habitué à l’optimisme, la Première Guerre Mondiale a laissé des traces. Les valeurs d’avant-guerre ont disparu, le doute s’insinue dans l’esprit des écrivains. L’après-guerre est aussi caractérisée par la dépression économique des années 1930 (après le krach boursier de 1929), la prohibition et l’explosion du jazz. C’est aussi l’époque des grands auteurs de romans policiers (Dashiell Hammett ou Raymond Chandler) ou du succès de librairie Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell (1937).

 

 

Au début du 20e siècle, deux Prix Nobel de littérature sont attribués à des Américains : Sinclair LEWIS est le premier romancier américain à recevoir ce Prix (en 1930). Il est le créateur du personnage de Babbitt (1922), homme d’affaires naïf. Pearl BUCK, autre lauréate du prix, connaît un gros succès de librairie avec ses romans inspirés par la Chine. Les écrivains qui les suivent dénoncent, chacun à leur manière, les difficultés sociales. Pour mieux prendre du recul, de nombreux écrivains américains viennent vivre en Europe. Gertrude STEIN, écrivain et poète, nomme ce groupe la « génération perdue » (lost generation).

 

William FAULKNER (1897-1962), lauréat du prix Nobel de littérature grâce à de grands romans tels que Le Bruit et la Fureur (1930) ou Absalon ! Absalon ! (1936). Son univers est dans le Sud du pays, parmi les grandes familles déchues et leur monde disparu .

Ernest HEMINGWAY (1899-1961) a participé à la guerre en Europe, et reste vivre en France quelques années. Ses romans parlent de ces Américains exilés, oisifs et souvent alcooliques. Il créé ce qu’on a appelé le « style dru » (tough style), avec des phrases courtes, dépouillées. Il reçoit le Prix Nobel pour des œuvres comme Le Soleil se lève aussi (1927), Pour qui sonne le glas ? (1940), ou Le vieil homme et la mer (1952).

Francis Scott FITZGERALD (1896-1940) traite du désespoir, même s’il se produit dans des milieux favorisés, et critique l’attrait de l’argent dans la société américaine (Gatsby le Magnifique, 1925).

John STEINBECK (1902-1968) décrit la pauvreté et la misère, par exemple dans Des souris et des hommes (1938) ou A l’Est d’Eden (1952). L’important Les Raisins de la colère (1939) stigmatise l’exploitation économique à travers l’histoire de paysans ruinés, qu’on a utilisés et trompés.

John DOS PASSOS est connu pour U.S.A. (1930-36), une volumineuse trilogie qui est son œuvre majeure.

 

« La 66 est la route des réfugiés, de ceux qui fuient le sable et les terres réduites, le tonnerre des tracteurs, les propriétés rognées, la lente invasion du désert vers le nord, les tornades qui hurlent à travers le Texas »

J. Steinbeck

 

 

 

DES UNIVERS À PART :

Henry JAMES (1843-1916) décrit des milieux aisés, raffinés très éloignés des classes populaires, et situés sur la côte Est ou dans la Vieille Europe. Au contraire d’autres écrivains de son époque, il est moins dans la description sociale que dans l’analyse des sentiments humains. On le connaît notamment pour L’Américain (1877), ou Les Ambassadeurs (1903). Il est également l’auteur de nouvelles fantastiques (Le Tour d’écrou, 1898)

Edith WHARTON (1862-1937) est très influencée par Henry James, par exemple dans L’Âge de l’innocence (1920)

Henry MILLER (1891-1980) choque le pays par ses romans crus, largement autobiographiques, Tropique du cancer (1934) et Tropique du capricorne (1939)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1945-1980

DES PERSONNALITES LITTERAIRES MULTIPLES

 

 

1945-1960

La deuxième Guerre Mondiale est une autre guerre qui s’impose aux Américains, avec d’autres horreurs. Elles ont été décrites, entre autres, par Norman MAILER dans Les Nus et les Morts (1948) ou par James JONES dans Tant qu’il y aura des hommes (1951). La période d’après-guerre correspond à la montée en puissance économique et militaire des Etats-Unis ainsi qu’au maccarthysme. Elle est marquée chez les écrivains par le début de l’anti-maccarthysme, de la contestation sociale, et de l’expression d’angoisses personnelles.

 

 

LE NOUVEAU ROMAN SUDISTE

L’interdiction de la ségrégation en 1954 bouleverse le roman sudiste. Jusqu’alors traditionnellement largement fondé sur le rapport entre les Blancs et les Noirs du Sud, le roman sudiste perd sa spécificité.

LE SUD TRADITIONNEL : Robert Penn WARREN (1905-1989), auteur prolixe qui se qualifiait lui-même de « fugitif » (en référence aux esclaves sudistes en fuite avant la Guerre de Sécession). Il a écrit Les Fous du roi (1946).

Et aussi : Carson McCULLERS (1917-1967) – Truman CAPOTE (1924-1984).

LE RENOUVEAU SUDISTE : William STYRON (1925), William GASS (1924) et Walker PERCY (1916-1990)

 

 

Arthur MILLER (1915) : dramaturge, il marque son époque avec ses pièces (La Mort d’un commis- voyageur, 1949, Les sorcières de Salem, 1953) dans lesquelles il dénonce intolérance et persécution.

Truman CAPOTE (1924-1984). Petit déjeuner chez Tiffany (1958) fait référence au plus célèbre bijoutier de New York, et dépeint un monde aisé, frivole et élégant.

J.D. SALINGER (1919-1963), L’Attrape-cœur (1951), le roman de l’adolescence en crise, rencontre un gros succès à sa sortie, et devient un phénomène des années 1950.

Vladimir NABOKOV (1899-1977) qui vient d’URSS, et abandonne sa langue pour écrire en anglais. Son roman Lolita (1955) va choquer.

Tennessee WILLIAMS (1914-1983). Ce dramaturge aborde des thèmes comme le temps qui passe, ou la folie qui guette dans des pièces comme Un tramway nommé Désir (1947) ou La Chatte sur un toit brûlant (1975).

 

 

 

 

1960-1980

Au-delà de la grande diversité des formes et des manifestations de l’univers imaginaire américain, cette littérature très variée se rejoint sur un point : la mise à mal du rêve américain.

Norman MAILER (1923). Cinq mariages, neuf enfants, deux prix Pulitzer, et des livres comme Pourquoi sommes-nous au Viet-Nam ? (1967) ou Marilyn, une biographie (1973). Dans Un rêve américain (1965), il critique violemment la société américaine.

John UPDIKE (1932). Il place ses romans dans les milieux bourgeois et désabusés de la Nouvelle-Angleterre. Il est aussi le créateur du personnage de Rabbit, repris dans une trilogie où l’on suit son évolution au fil des années. A chaque fois, Updike est dans une description quotidienne presque comique, dans laquelle on décèle le malaise.

 

Quelque auteurs recourent à une ironie poétique fantaisiste voire débridée :

Richard BRAUTIGAN (1935-1984), Le Général sudiste de Big Sur (1964)

Joseph HELLER (1923), L’Attrape-Nigaud (1961)

Kurt VONNEGUT Jr. (1922), Abattoir 5 (1969)

John IRVING (1942), Le Monde selon Garp (1978)

Thomas PYNCHON (1937), V (1963)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEES 1960-1970

LA CONTESTATION

 

 

Ils participent activement au bouleversement de la société américaine. Les valeurs d’alors sont contestées dans leurs fondements les plus profonds, et la guerre du Vietnam amplifie la révolte. Cette contestation va se répandre dans d’autre pays occidentaux.

 

LA BEAT GENERATION

Elle naît à la fin des années 1950. Les beatniks représentent une « contre-culture ». Ils veulent faire exploser les carcans d’une société à leurs yeux trop rigide, trop bourgeoise, trop matérialiste. Ils ne veulent plus gagner de l'argent à n'importe quel prix, ils sont pacifistes, prônent la liberté sexuelle, ont les cheveux longs… La beat generation, c’est aussi la contestation politique et économique (et la remise en cause du modèle américain), ou de nouvelles démarches spirituelles (influencées par les philosophies asiatiques).

Ils ont reçu l’influence de Walt Whitman, Herman Melville, Emerson, Thoreau, mais aussi de Céline ou Jean Genet. Leur mouvement est aussi celui d’autres artistes : Bob Dylan, le chanteur folk et ses protest songs (chansons contestataires), Joan Baez,…

 

Au départ ce sont les poètes qui s’expriment : Allen GINSBERG (1926-1997) avec son célèbre poème Howl (1957), ou Gary SNYDER (1930). En 1959 la révolte explose. Plusieurs écrivains vont les accompagner, avec des livres devenus « cultes ». Le livre-clé est Sur la route (1959), de Jack KEROUAC (1922-1969). Dean et Sal quittent la ville, prennent la route, à la recherche d’expériences. Autre livre important dans ce mouvement, Le Festin nu (1962) de William BURROUGHS (1914-1997), roman « déconstruit » inspiré de ses expériences en matière de drogues.

 

« J’allais entendre l’appel d’une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse »

J. Kerouac

Ils accompagnent le mouvement contestataire :

Neal CASSIDY

Gregory CORSO

Brian GYSEN

Richard BRAUTIGAN

Lawrence FERLINGHETTI : figure de la beat generation à San Francisco, il a créé la librairie City Lights en 1953, vite devenue un important lieu de rencontres littéraires.

Dans la même lignée, on trouve John FANTE (1909-1983) avec Bandini (1938), et Charles BUKOWSKI (1920-1994) avec notamment Les Contes de la folie ordinaire (1972).

 

« Hell was what you made it. »

« L’enfer c’est toi qui le crée »

C. Bukowski

LES ECRIVAINS ISSUS DES MINORITES

 

 

Ils se réclament de leur origine « ethnique », pour mieux dénoncer, depuis leur statut d’écrivain, des inégalités frappantes.

 

LES ECRIVAINS NOIRS

(OU AFRO-AMERICAINS)

Ils témoignent des préjugés raciaux ou des injustices, qui sont toujours d’actualité à travers les années. Les écrivains noirs prennent leur part dans le combat. C’est d’abord Richard WRIGHT avec Un Enfant du pays (1940) et Black Boy (1945). Puis Ralph ELLISON (1914-1994) avec Invisible Man (1952) ou James BALDWIN (1924-1987) avec Les Elus du Seigneur (1953).

Martin LUTHER KING, Malcom X, ou LeRoi JONES vont également défendre les droits des Noirs, avec les mouvements de revendication des droits civiques dans les années 1950-60. Malcom X, leader nationaliste noir, écrit L’Autobiographie de Malcom X (1965) qui va avoir beaucoup d’influence. Le livre a été écrit avec Alex HALEY (1921-1992), auteur plus tard de Racines (1976), l’histoire de sa famille depuis ses origines en Afrique jusqu’aux Etats-Unis. Plus récemment, on peut lire les œuvres de Ernest J. GAINES, Dites leur que je suis une homme (1993).

Les femmes de la communauté noire s’expriment également : Toni MORRISON (1931), prix Nobel 1993 après L’Oeil le plus bleu (1969) ou Beloved (1987), prix Pulitzer ; ou Alice WALKER (1944) avec La Couleur Pourpre (1982), prix Pulitzer.

« De part et d’autre du cortège s’étalaient les décombres de l’injustice, de l’anarchie, du mécontentement, de la haine »    

J. Baldwin

 

LES ECRIVAINS INDIENS

Ils commencent à écrire vers le milieu du 20e siècle, et parlent de leurs traditions toujours actuelles de leur univers, des souffrances causées par les Blancs.

Navarro Scott MOMADAY (1934), écrivain kiowa, reçoit le prix Pulitzer en 1968 pour La Maison faite d’aube.

Sherman ALEXIE (1966) montre avec Indian Blues (1995) de jeunes Indiens attirés par la culture américaine d’aujourd’hui.

Tony HILLERMAN (1925) écrit des romans policiers qui se situent dans les réserves indiennes navajo.

 

 

LES ECRIVAINS JUIFS

Ils essaient de trouver un équilibre entre leurs valeurs et le mode de vie américain.

Saül BELLOW (1915). Né au Québec, il arrive aux Etats-Unis à 9 ans, avec sa famille émigrée d’URSS. Il est le chef de file de l’école des romanciers juifs américains. Il reçoit le prix Nobel en 1976. Son héros, Herzog (1964), est bousculé dans ses certitudes, et tente de retrouver un sens à sa vie. Les Aventures d’Augie March (1953) montre le décalage entre les aspirations des personnages et la réalité.

Isaac Bashevis SINGER (1904-1991). Ses œuvres sont écrites en yiddish puis traduites en anglais. Il reçoit le prix Nobel en 1978. Il est l’auteur du Magicien de Lublin (1960) ou de Yentl (1977).

Philip ROTH (1933) raconte les interrogations d’un intellectuel juif de la côte Est dans Portnoy et son complexe (1959).

Plus récemment : Grace PALEY.

« Avait-il eu assez d’ennuis, avait-il payé sa dette à la souffrance et acquis le droit de ne pas tenir compte de l’opinion d’autrui ? »

S. Bellow

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LITTERATURES AMERICAINES D’AUJOURD’HUI

 

Qu’ont de commun les écrivains américains de ces dernières années ? Peut-être une écriture qui cache sa profondeur derrière des mots d’apparence simple, peut-être un regard extrêmement lucide sur la société américaine et ses faiblesses, ou encore la volonté de préserver la liberté morale de l’individu.

 

Raymond CARVER (1938-1988). Une écriture « minimaliste », simple, sobre, qui révèle des sentiments profonds et terribles. Il est connu pour ses nouvelles, qui se situent souvent dans une vie quotidienne banale, souvent triste et désenchantée, d’où l’amour a disparu. Mais parfois l’espoir reste.

Richard FORD (1944). Il parle de tragédies cachées derrière des situations quotidiennes et une écriture simple.

Paul AUSTER (1947). Depuis son premier roman, L’Invention de la solitude, les thèmes de ses livres sont autour de la solitude, la recherche du père, la filiation, le passé, la mémoire… La Trilogie new-yorkaise est un thriller métaphysique, parfois fantastique, sur la solitude de l’individu dans la ville.

Et aussi : James SALTER (1925), Russel BANKS (1940), Edmund WHITE (1940)

 

«  La seule chose à faire, c’était de prendre les évènements l’un après l’autre, dans l’ordre où ils arrivaient, et d’espérer qu’aucun de ces évènements ne vous entameraient trop profondément. »

R. Ford

LES ECRIVAINS DU MONTANA

L école littéraire de Missoula est un groupe d’écrivains qui vivent aux environs de la ville de Missoula (Montana), et ont pour thèmes communs, par exemple, les grands espaces américains, l’homme qui se retrouve confronté à la nature dans toute sa pureté et sa force et peut peut-être se retrouver. Le mouvement, fondé par Richard HUGO (1923-1982), accueille notamment Jim HARRISON (1937), James WELCH (1940, d’origine indienne), Richard BRAUTIGAN (1935-1984), ou Thomas McGUANE (1939).

 

LES AUTEURS DE ROMANS NOIRS

James CRUMLEY (1939), auteur de romans policiers considérés comme des modèles du genre (Le dernier baiser, 1978)

James ELLROY (1948) signe des romans policiers aux accents nihilistes, présentant des intrigues à plusieurs niveaux selon des perspectives multiples (Le dahlia noir, 1987)

Edward BUNKER (1933) ancien détenu, il est l’auteur de romans policiers qui selon des dires d’Ellroy lui-même font figure de classiques (Aucune bête aussi féroce, 1973).

 

«  Les palmiers étaient couverts de poussière, ternes et sans vie, loin du vert brillant que j’avais gardé en mémoire »

E. Bunker

 

 

LES ECRIVAINS D’UNE VILLE, D’UNE GENERATION

Jay McINERNEY (1955). Ecrivain profondément new-yorkais, il s’est fait connaître avec Journal d’un oiseau de nuit (1984), son premier roman dans lequel une génération s’est reconnue.

Bret Easton ELLIS (1964), profondément ancré à Los Angeles a écrit le roman de cette ville, Moins que zéro (1985).

Armistead MAUPIN (1944) plonge dans les histoires des habitants de San Francisco (Chroniques de San Francisco, 1978).