LES GRANDES NOTIONS
REPERES HISTORIQUES
Les premiers
colons arrivent au 17e siècle, souvent chassés d’Europe pour des
motifs religieux (par exemple les pèlerins du Mayflower). Rapidement, 13
colonies vont se constituer. Après une guerre contre les Britanniques, l’indépendance est déclarée le 4
juillet 1776.
Symboliquement,
le 10 mai 1869, la ligne de chemin de fer venant de l’Est et celle venant de
l’Ouest sont reliées. En 1892,
l’historien Turner constate « la
fin de
… dont certaines contiennent leur propre
contradiction :
La notion de Blanc « civilisateur », porteur de
valeurs d’inspiration chrétienne, mais aussi destructeur, envahisseur,
esclavagiste.
Le puritanisme (calviniste) / la recherche des
limites. S’il n’y a pas aux Etats-Unis l’équivalent de la querelle européenne
des Anciens et des Modernes, il y a bien la question : réagir ou non au
puritanisme des origines du pays ?
L’absence de racines / la recherche de fondations, de
repères.
L’optimisme, le besoin de toujours aller de
l’avant.
L’existence
(ou le fantasme) d’une nature dont on doit respecter la pureté originelle et la perfection.
Le pionner, le découvreur, et en conséquence la
valorisation de l’initiative individuelle. Le prix à payer : parfois une
certaine solitude.
La place de l’artiste (et de l’écrivain) dans une
société en construction. Au 19è siècle, par exemple, la vie rude que
mènent les colons qui partent vers l’Ouest, ou toutes les difficultés
rencontrées par les immigrants, laissent peu de place à l’expression artistique
(et littéraire).
Ecrire son journal : une activité qui a toujours été très pratiquée dans la culture
anglo-saxonne.
NOVEL est la traduction du mot « roman ». Un écrivain
est un novelist. La traduction de
« nouvelle » en anglais est short
story.
PRIX PULITZER : Prix créé en 1918 au départ
décerné par des journalistes. Aujourd’hui il concerne plus de 20 catégories
(dont : roman, poésie, biographie, musique, etc) et est décerné par des
spécialistes du domaine concerné.
BEST-SELLER : terme d’origine américaine, désignant
les livres qui se vendent le mieux. De sell
= vendre
… de littérature sont Américains. Deux autres lauréats sont Américains d’origine étrangère, réfugiés pour des raisons politiques.
Cela classe le
pays au 2e rang du palmarès des prix Nobel, derrière
NAISSANCE D’UNE IDENTITE
Dans ce pays
nouveau des écrivains vont pouvoir s’exprimer. Les premiers éditeurs
apparaissent, en même temps qu’un lectorat national. De plus, les premiers
livres américains vont arriver en Europe, et contribuer à faire connaître une
nouvelle culture. Les premiers écrivains américains sont influencés par leur
culture européenne. Progressivement, ils vont créer et développer des thèmes
spécifiquement américains.
« Les
enjambées les plus rapides qu’aucune nation ait faites »
H.D.
Thoreau
L’OUEST. La conquête de l’Ouest, c’est la
découverte constante d’espaces nouveaux, encore inexplorés par les Blancs, et
de leurs ressources. Ce sont les villes créées très rapidement, les chercheurs
d’or, les aventuriers dans la nature, le mythe de l’entrepreneur. Le thème de
LE SUD. Un mode de vie et une organisation sociale particuliers,
basés sur l’esclavage, les préjugés racistes et le pouvoir des grands
propriétaires. Des valeurs inacceptables, qui, combinées à des différends
économiques avec le Nord, vont bientôt diviser les nouveaux Etats-Unis et
conduire à une guerre civile. Les écrivains vont souvent dénoncer les
injustices, notamment raciales (Faulkner par exemple).
« Chaque couchant que je
contemple m’emplit du désir de partir pour un Ouest aussi lointain et
resplendissant que celui au sein duquel le soleil se couche »
H.D.
Thoreau
James Fenimore COOPER (1789-1851) est l’un des premiers
écrivains à traiter de thèmes spécifiquement américains, et parmi les premiers
à partir à l’aventure vers des terres encore inexplorées par les Blancs. Il
raconte les aventures de son héros, Bas-de-Cuir, dans une série de livres (Le
Dernier des Mohicans en 1826, par exemple). Bas-de-Cuir rencontre les Indiens,
apprend à les connaître, et parle de leur culture. En même temps, ces livres
évoquent les destructions opérées par les Blancs. Ces frontier novels ont un gros succès populaire à l’époque.
Edgar Allan POE (1809-1849). Poète, romancier,
conteur, il est admiré par Baudelaire et Paul Valéry. Il ne parle pas de son
pays, mais a construit un univers
littéraire original, à la fois dans les thèmes et dans la construction. Il
est l’auteur de courtes nouvelles et un des premiers auteurs d’histoires
policières (Double assassinat dans la rue Morgue, 1841). Un univers
fantastique, sombre, angoissant, parfois macabre.
1830-1860
LE TRANSCENDANTALISME
UN
MOMENT PARTICULIER
Les
transcendantalistes sont un groupe informel de personnalités aux idées communes
qui se réunissent autour d’Emerson. Ce sont des intellectuels américains qui
vivent dans une grande liberté,
reçoivent des influences nombreuses (des philosophies asiatiques à Kant), et
disposent d’une liberté de ton et d’innovation leur permettant de proposer des idées nouvelles dans un pays
nouveau, ils habitent à Concord (Massachusetts)
ou dans la région, qui devient un moment le centre intellectuel des Etats-Unis.
« C’est à vous de tout
connaître, à vous de tout oser… Nous avons trop longtemps écouté les muses
polies de l’Europe »
R. W. Emerson
Ralph Waldo
EMERSON (1803-1882). Il encourage
ses contemporains à se libérer des influences
européennes, il a une grande importance dans l’émergence d’une littérature
purement américaine. Philosophe, poète, c’est l’un des premiers
« intellectuels » américains, et le fondateur du transcendantalisme
américain. Il aura une influence certaine sur les écrivains des générations
suivantes. Ses essais sont restés célèbres : Nature (1836), considéré comme la déclaration d’indépendance
intellectuelle des Etats-Unis, ou Appel
aux étudiants américains (1837). Il développe les thèmes de la confiance en
soi, incite à vivre des expériences pour mieux se connaître. Pour lui
l’expérience individuelle directe doit passer avant les théories, il faut
suivre son inspiration. Il lutte contre l’esclavage. Son œuvre inspirera
Nietzsche autant que les contestataires des années 1960.
« Je gagnai les bois
parce que je voulais vivre suivant mûre réflexion, n’affronter que les actes
essentiels de la vie, et voir si je ne pourrais apprendre ce qu’elle avait à
enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n’avais pas
vécu. »
H.D. Thoreau
Henry David
THOREAU (1817-1862). Son œuvre
majeure est Walden ou la vie dans les bois (1854), le récit de deux années
d’aventure intérieure dans les bois de Walden, près de Concord, retiré de la
société et de la compagnie des hommes, dans une maison en bois qu’il a
construite. Chaque jour, il marche, lit, nage, observe la nature et les animaux
en utilisant tous ses sens. Il écrit son journal, une suite d’impressions
quotidiennes. Le livre est aussi une critique de la société de consommation de
l’époque, où l’on passait, selon Thoreau, plus de temps à essayer de gagner sa
vie qu’à la vivre vraiment. Il est aussi l’auteur d’un autre livre
célèbre : De la désobéissance civile
(1849), qui va notamment inspirer Gandhi. Thoreau est contre l’esclavage, et
pacifiste. Il aura une influence dans les années 1960.
Il sont
assimilés au groupe des transcendantalistes car ils en partagent les valeurs,
mais ont créé leur propre univers de symboles :
Nathaniel HAWTHORNE (1804-1864). Avec notamment
Herman MELVILLE (1819-1891). Il a fait de nombreux
voyages, par exemple comme marin, qui lui donnent le matériau de ses livres.
Son chef d’œuvre, Moby Dick (1851)
est un échec à sa sortie.
FIN DU 19E SIECLE
Le pays
connaît de nombreux évènements et bouleversements. Les tensions économiques et
politiques montent entre le Nord (prônant l’abolition de l’esclavage) et le Sud
du pays (qui veut à tout prix maintenir son mode de vie sociale fondé sur
l’exploitation des Noirs), et vont conduire à la guerre civile.
Harriet BEECHER STOWE (1811-1896) écrit le livre
révélateur de cette période :
Mark TWAIN (1835-1910) se révèle comme un
écrivain purement américain. De son vrai nom Samuel Clemens, c’est un homme
simple, originaire du Missouri et non des cercles intellectuels de l’Est. Ses
livres, dont l’écriture est également simple et émouvante, ont un succès
populaire. Il a beaucoup voyagé dans le monde, et a raconté ses voyages. Il est
fier d’être Américain, et fier de la nouvelle conquête de l’Ouest américain à
laquelle il participe. Il est successivement pilote de bateau sur le
Mississippi ou chercheur d’or. Les
Aventures de Tom Sawyer (1876) et Huckleberry
Finn (1884) sont ses livres les plus connus.
Après
Les
contestataires s’appellent Stephen CRANE
(1871-1900), Frank NORRIS
(1870-1902) avec
Au début du 20e
siècle, Theodore DREISER prend leur
suite (Une tragédie américaine,
1925).
Jack LONDON (1876-1916), journaliste et surtout
romancier, fait aussi partie de ces contestataires. Il a voyagé, connu une vie
d’épreuves dont il titre ses livres. Il est autant l’auteur de romans
d’aventure (L’Appel de la forêt,
1903, Le Loup des mers, 1904, dont
l’action se situe en Alaska) que de romans de critique sociale (Martin Eden, 1909). Il soutient les
travailleurs et les paysans contre les hommes d’affaires californiens.
DEBUT
DU 20E SIECLE
UNE GENERATION QUI OBSERVE ET DOUTE
Dans un pays
habitué à l’optimisme,
Au début du 20e
siècle, deux Prix Nobel de littérature sont attribués à des Américains : Sinclair LEWIS est le premier romancier
américain à recevoir ce Prix (en 1930). Il est le créateur du personnage de
Babbitt (1922), homme d’affaires naïf. Pearl
BUCK, autre lauréate du prix, connaît un gros succès de librairie avec ses
romans inspirés par
William FAULKNER (1897-1962), lauréat du prix Nobel de
littérature grâce à de grands romans tels que
Le Bruit et
Ernest HEMINGWAY (1899-1961) a participé à la guerre en
Europe, et reste vivre en France quelques années. Ses romans parlent de ces
Américains exilés, oisifs et souvent alcooliques. Il créé ce qu’on a appelé le
« style dru » (tough style),
avec des phrases courtes, dépouillées. Il reçoit le Prix Nobel pour des œuvres
comme Le Soleil se lève aussi (1927),
Pour qui sonne le glas ? (1940),
ou Le vieil homme et la mer (1952).
Francis Scott FITZGERALD (1896-1940) traite du désespoir,
même s’il se produit dans des milieux favorisés, et critique l’attrait de
l’argent dans la société américaine (Gatsby
le Magnifique, 1925).
John STEINBECK (1902-1968) décrit la pauvreté et la
misère, par exemple dans Des souris et
des hommes (1938) ou A l’Est d’Eden
(1952). L’important Les Raisins de la
colère (1939) stigmatise l’exploitation économique à travers l’histoire de
paysans ruinés, qu’on a utilisés et trompés.
John DOS PASSOS est connu pour U.S.A. (1930-36), une
volumineuse trilogie qui est son œuvre majeure.
« La 66 est la route des
réfugiés, de ceux qui fuient le sable et les terres réduites, le tonnerre des
tracteurs, les propriétés rognées, la lente invasion du désert vers le nord,
les tornades qui hurlent à travers le Texas »
J. Steinbeck
DES
UNIVERS À PART :
Henry JAMES (1843-1916) décrit des milieux aisés,
raffinés très éloignés des classes populaires, et situés sur la côte Est ou
dans
Edith WHARTON (1862-1937) est très influencée par
Henry James, par exemple dans L’Âge de
l’innocence (1920)
Henry MILLER (1891-1980) choque le pays par ses
romans crus, largement autobiographiques, Tropique
du cancer (1934) et Tropique du
capricorne (1939)
1945-1980
DES PERSONNALITES LITTERAIRES MULTIPLES
1945-1960
La deuxième
Guerre Mondiale est une autre guerre qui s’impose aux Américains, avec d’autres
horreurs. Elles ont été décrites, entre autres, par Norman MAILER dans Les Nus et les Morts (1948) ou par James
JONES dans Tant qu’il y aura des hommes
(1951). La période d’après-guerre correspond à la montée en puissance
économique et militaire des Etats-Unis ainsi qu’au maccarthysme. Elle est marquée chez les écrivains par le début de l’anti-maccarthysme, de la
contestation sociale, et de l’expression d’angoisses personnelles.
L’interdiction
de la ségrégation en 1954 bouleverse le roman sudiste. Jusqu’alors
traditionnellement largement fondé sur le rapport entre les Blancs et les Noirs
du Sud, le roman sudiste perd sa spécificité.
LE SUD TRADITIONNEL : Robert Penn WARREN (1905-1989),
auteur prolixe qui se qualifiait lui-même de « fugitif » (en
référence aux esclaves sudistes en fuite avant
Et
aussi : Carson McCULLERS
(1917-1967) – Truman CAPOTE
(1924-1984).
LE RENOUVEAU SUDISTE : William STYRON (1925), William GASS (1924) et Walker PERCY (1916-1990)
Arthur MILLER (1915) : dramaturge, il marque son époque avec
ses pièces (
Truman CAPOTE (1924-1984). Petit déjeuner chez Tiffany (1958) fait référence au plus célèbre bijoutier de New York, et dépeint un monde aisé, frivole et élégant.
J.D. SALINGER (1919-1963), L’Attrape-cœur (1951), le roman de l’adolescence en crise, rencontre un gros succès à sa sortie, et devient un phénomène des années 1950.
Vladimir NABOKOV (1899-1977) qui vient d’URSS, et abandonne sa langue pour écrire en anglais. Son roman Lolita (1955) va choquer.
Tennessee WILLIAMS (1914-1983). Ce dramaturge aborde des thèmes
comme le temps qui passe, ou la folie qui guette dans des pièces comme Un tramway nommé Désir (1947) ou
1960-1980
Au-delà de la grande diversité des formes et des manifestations de l’univers imaginaire américain, cette littérature très variée se rejoint sur un point : la mise à mal du rêve américain.
Norman MAILER (1923). Cinq mariages, neuf enfants, deux prix Pulitzer, et des livres comme Pourquoi sommes-nous au Viet-Nam ? (1967) ou Marilyn, une biographie (1973). Dans Un rêve américain (1965), il critique violemment la société américaine.
John UPDIKE (1932). Il place ses romans dans les milieux bourgeois
et désabusés de
Quelque auteurs recourent à une ironie poétique fantaisiste voire débridée :
Richard BRAUTIGAN (1935-1984), Le Général sudiste de Big Sur (1964)
Joseph HELLER (1923), L’Attrape-Nigaud (1961)
Kurt VONNEGUT Jr. (1922), Abattoir 5 (1969)
John IRVING (1942), Le Monde selon Garp (1978)
Thomas PYNCHON (1937), V (1963)
ANNEES 1960-1970
Ils participent activement au bouleversement de la société américaine. Les valeurs d’alors sont contestées dans leurs fondements les plus profonds, et la guerre du Vietnam amplifie la révolte. Cette contestation va se répandre dans d’autre pays occidentaux.
Elle naît à la fin des années 1950. Les beatniks représentent une « contre-culture ». Ils veulent faire exploser les carcans d’une société à leurs yeux trop rigide, trop bourgeoise, trop matérialiste. Ils ne veulent plus gagner de l'argent à n'importe quel prix, ils sont pacifistes, prônent la liberté sexuelle, ont les cheveux longs… La beat generation, c’est aussi la contestation politique et économique (et la remise en cause du modèle américain), ou de nouvelles démarches spirituelles (influencées par les philosophies asiatiques).
Ils ont reçu l’influence de Walt Whitman, Herman Melville, Emerson, Thoreau, mais aussi de Céline ou Jean Genet. Leur mouvement est aussi celui d’autres artistes : Bob Dylan, le chanteur folk et ses protest songs (chansons contestataires), Joan Baez,…
Au départ ce sont les poètes qui s’expriment : Allen GINSBERG (1926-1997) avec son célèbre poème Howl (1957), ou Gary SNYDER (1930). En 1959 la révolte explose. Plusieurs écrivains vont les accompagner, avec des livres devenus « cultes ». Le livre-clé est Sur la route (1959), de Jack KEROUAC (1922-1969). Dean et Sal quittent la ville, prennent la route, à la recherche d’expériences. Autre livre important dans ce mouvement, Le Festin nu (1962) de William BURROUGHS (1914-1997), roman « déconstruit » inspiré de ses expériences en matière de drogues.
« J’allais entendre
l’appel d’une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine
jeunesse »
J. Kerouac
Ils accompagnent le mouvement contestataire :
Neal CASSIDY
Gregory CORSO
Brian GYSEN
Richard BRAUTIGAN
Lawrence FERLINGHETTI : figure de la beat generation à San Francisco, il a créé la librairie City Lights en 1953, vite devenue un important lieu de rencontres littéraires.
Dans la même lignée, on trouve John FANTE (1909-1983) avec Bandini (1938), et Charles BUKOWSKI (1920-1994) avec notamment Les Contes de la folie ordinaire (1972).
« Hell was what you made it. »
« L’enfer c’est toi qui
le crée »
C. Bukowski
LES ECRIVAINS ISSUS DES MINORITES
Ils se réclament de leur origine « ethnique », pour mieux dénoncer, depuis leur statut d’écrivain, des inégalités frappantes.
LES ECRIVAINS NOIRS
(OU AFRO-AMERICAINS)
Ils témoignent des préjugés raciaux ou des injustices, qui sont toujours d’actualité à travers les années. Les écrivains noirs prennent leur part dans le combat. C’est d’abord Richard WRIGHT avec Un Enfant du pays (1940) et Black Boy (1945). Puis Ralph ELLISON (1914-1994) avec Invisible Man (1952) ou James BALDWIN (1924-1987) avec Les Elus du Seigneur (1953).
Martin LUTHER KING, Malcom X, ou LeRoi JONES vont également défendre les droits des Noirs, avec les mouvements de revendication des droits civiques dans les années 1950-60. Malcom X, leader nationaliste noir, écrit L’Autobiographie de Malcom X (1965) qui va avoir beaucoup d’influence. Le livre a été écrit avec Alex HALEY (1921-1992), auteur plus tard de Racines (1976), l’histoire de sa famille depuis ses origines en Afrique jusqu’aux Etats-Unis. Plus récemment, on peut lire les œuvres de Ernest J. GAINES, Dites leur que je suis une homme (1993).
Les femmes de la communauté noire s’expriment également : Toni MORRISON (1931), prix Nobel 1993
après L’Oeil le plus bleu (1969)
ou Beloved (1987), prix
Pulitzer ; ou Alice WALKER
(1944) avec
« De part et d’autre du
cortège s’étalaient les décombres de l’injustice, de l’anarchie, du
mécontentement, de la haine »
J. Baldwin
LES ECRIVAINS INDIENS
Ils commencent à écrire vers le milieu du 20e siècle, et parlent de leurs traditions toujours actuelles de leur univers, des souffrances causées par les Blancs.
Navarro Scott MOMADAY (1934), écrivain kiowa, reçoit le prix
Pulitzer en 1968 pour
Sherman ALEXIE (1966) montre avec Indian Blues (1995) de jeunes Indiens attirés par la culture américaine d’aujourd’hui.
Tony HILLERMAN (1925) écrit des romans policiers qui se situent dans les réserves indiennes navajo.
LES ECRIVAINS JUIFS
Ils essaient de trouver un équilibre entre leurs valeurs et le mode de vie américain.
Saül BELLOW (1915). Né au Québec, il arrive aux Etats-Unis à 9 ans, avec sa famille émigrée d’URSS. Il est le chef de file de l’école des romanciers juifs américains. Il reçoit le prix Nobel en 1976. Son héros, Herzog (1964), est bousculé dans ses certitudes, et tente de retrouver un sens à sa vie. Les Aventures d’Augie March (1953) montre le décalage entre les aspirations des personnages et la réalité.
Isaac Bashevis SINGER (1904-1991). Ses œuvres sont écrites en yiddish puis traduites en anglais. Il reçoit le prix Nobel en 1978. Il est l’auteur du Magicien de Lublin (1960) ou de Yentl (1977).
Philip ROTH (1933) raconte les interrogations d’un intellectuel juif de la côte Est dans Portnoy et son complexe (1959).
Plus récemment : Grace PALEY.
« Avait-il eu assez d’ennuis,
avait-il payé sa dette à la souffrance et acquis le droit de ne pas tenir
compte de l’opinion d’autrui ? »
S. Bellow
LITTERATURES AMERICAINES D’AUJOURD’HUI
Qu’ont de commun les écrivains américains de ces dernières années ? Peut-être une écriture qui cache sa profondeur derrière des mots d’apparence simple, peut-être un regard extrêmement lucide sur la société américaine et ses faiblesses, ou encore la volonté de préserver la liberté morale de l’individu.
Raymond CARVER (1938-1988). Une écriture « minimaliste », simple, sobre, qui révèle des sentiments profonds et terribles. Il est connu pour ses nouvelles, qui se situent souvent dans une vie quotidienne banale, souvent triste et désenchantée, d’où l’amour a disparu. Mais parfois l’espoir reste.
Richard FORD (1944). Il parle de tragédies cachées derrière des situations quotidiennes et une écriture simple.
Paul AUSTER (1947). Depuis son premier roman, L’Invention de la solitude, les thèmes de ses livres sont autour de
la solitude, la recherche du père,
la filiation, le passé, la mémoire…
Et aussi : James SALTER (1925), Russel BANKS (1940), Edmund WHITE (1940)
« La seule chose à faire, c’était
de prendre les évènements l’un après l’autre, dans l’ordre où ils arrivaient,
et d’espérer qu’aucun de ces évènements ne vous entameraient trop
profondément. »
R. Ford
LES ECRIVAINS DU MONTANA
L école littéraire de Missoula est un groupe d’écrivains qui vivent aux environs de la ville de Missoula (Montana), et ont pour thèmes communs, par exemple, les grands espaces américains, l’homme qui se retrouve confronté à la nature dans toute sa pureté et sa force et peut peut-être se retrouver. Le mouvement, fondé par Richard HUGO (1923-1982), accueille notamment Jim HARRISON (1937), James WELCH (1940, d’origine indienne), Richard BRAUTIGAN (1935-1984), ou Thomas McGUANE (1939).
LES AUTEURS DE ROMANS NOIRS
James CRUMLEY (1939), auteur de romans policiers considérés comme des modèles du genre (Le dernier baiser, 1978)
James ELLROY (1948) signe des romans policiers aux accents nihilistes, présentant des intrigues à plusieurs niveaux selon des perspectives multiples (Le dahlia noir, 1987)
Edward BUNKER (1933) ancien détenu, il est l’auteur de romans policiers qui selon des dires d’Ellroy lui-même font figure de classiques (Aucune bête aussi féroce, 1973).
« Les palmiers étaient couverts de
poussière, ternes et sans vie, loin du vert brillant que j’avais gardé en
mémoire »
E. Bunker
LES ECRIVAINS D’UNE VILLE, D’UNE GENERATION
Jay McINERNEY (1955). Ecrivain profondément new-yorkais, il s’est fait connaître avec Journal d’un oiseau de nuit (1984), son premier roman dans lequel une génération s’est reconnue.
Bret Easton ELLIS (1964), profondément ancré à Los Angeles a écrit le roman de cette ville, Moins que zéro (1985).
Armistead MAUPIN (1944) plonge dans les histoires des habitants de San Francisco (Chroniques de San Francisco, 1978).