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Interview
Automne 2006

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L'anti-américanisme

Interview de Nicolas Lecaussin, auteur de
Cet Etat qui tue la France

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En février dernier, Nicolas Lecaussin donnait une conférence à la Maison de la Roumanie sur le thème "L'antiaméricanisme, idéologie et connaissance inutile". Rédacteur en Chef de Société Civile, magazine de l'iFRAP, d'origine roumaine, il a accepté de nous parler de l'anti-américanisme en France et en Europe mais aussi de son livre, Cet Etat qui Tue la France, dans lequel il dénonce la dérive étatique et démonte certains des clichés anti-américains qui servent cette dérive.

 

Vous travaillez à l’iFRAP (l’Institut Français pour la Recherche sur les Administrations Publiques), vous êtes le rédacteur en chef de la revue de l’institut, Société Civile. Vous êtes également l’auteur de Cet Etat qui tue la France. Vous êtes d’origine roumaine. Pouvez-vous nous décrire brièvement votre parcours et nous présenter l’iFRAP ?

Je suis arrivé en France en 90. J'ai fait mes études supérieures ici, à Sciences Po. Ensuite, DEA d'Histoire, et j'ai travaillé dans plusieurs entreprises privées. J'ai fait toutes sortes de boulots, c'est très utile (rires), je ne regrette pas. Depuis 1998, je travaille à l'iFRAP avec Bernard Zimmern, avec qui j'ai fondé Société Civile en 1999. En 2002 on a arrêté les dossiers de l'iFRAP qui étaient la publication principale de l'iFRAP depuis 20 ans et on n'a gardé que Société Civile, qui est un mensuel et qui fait des enquêtes sur les administrations et les politiques publiques.

L'iFRAP est un think tank au sens américain du terme, c'est un organisme privé indépendant qui vit des dons ou des abonnements, en l'occurrence les abonnements pour notre mensuel. On fait des campagnes de récoltes de dons à l'américaine, des pétitions et du mailing - on envoie environ 300.000-400.000 lettres par an, aux individus pour qu'ils s'abonnent ou donnent de l'argent. On refuse bien sûr toute subvention publique. Nous sommes une petite équipe d'une dizaine de personnes, des jeunes diplômés de Sciences Po, de droit et d'histoire mais aussi beaucoup de bénévoles comme la plupart des associations et think tanks anglo-américains.

A ma connaissance il n'y a pas beaucoup de think tanks dans le sens américain du terme, c'est-à-dire qui vivent des dons privés et qui font ce genre de campagne auprès de la population. A ma connaissance, il y a l'iFRAP, il y a aussi des associations : Contribuables Associés, Sauvegarde Retraites, SOS Education qui font du très bon travail et qui font effectivement des campagnes et du lobbying. Mais un think tank qui publie des études faites par ses employés, je n'en connais pas beaucoup et qui vit seulement des dons et de l'argent des individus. L'une des caractéristiques principales d'un think tank c'est qu'il doit avoir des employés et du personnel à temps plein, des think tanks comme la Heritage Foundation qui est un institut où tout le monde peut donner, avec de gros budgets de 25 ou 30 millions de dollars, ce sont des employés à temps plein. Je considère qu'un think tank ne doit pas sous-traiter, sinon, il ne peut pas contrôler. Le think tank est un concurrent de l'Etat et des administrations.

 

Dans Cet Etat qui tue la France, vous dénoncez la dérive étatique qui étrangle la France. L’un des pays qui sert de comparaison est les Etats-Unis. Vous pensez qu’on aurait beaucoup à gagner en s’inspirant d’eux dans ce domaine ?

Lorsque j'ai conçu ce livre, je me suis rendu compte qu'on avait tendance en France, dans les médias mais aussi chez les politiques et beaucoup de spécialistes, à accuser les pays étrangers, la mondialisation, la Chine, et surtout les Etats-Unis des maux de la France, tout ce qui se passe mal en France ce n'est surtout pas la faute d'une mauvaise politique économique ou de l'Etat ou nos propres politiques mais c'est la faute des Américains. A partir de là, j'ai essayé de démontrer dans ce livre que l'origine de nos déboires est à trouver à l'intérieur de notre pays et c'est la faute de nos administrations, des dépenses publiques, du gaspillage.

A partir de là j'ai construit ce livre, et aussi en comparant notre pays avec des pays étrangers. Et j'ai remarqué que les Etats-Unis s'étaient effectivement débarrassé d’une grande partie de l’Etat à partir des années Reagan, c’est-à-dire des années 80, et ont misé beaucoup sur la société civile. J'ai compris aussi qu’aux Etats-Unis, les politiques, et pas seulement les politiques conservateurs, donnaient beaucoup plus d'importance à l'individu, et à l'entreprise que la France. Donc l'individu, l'entreprise, la société civile jouent un rôle essentiel dans le sort des Etats-Unis aujourd’hui.

 

Malheureusement, nos élites les utilisent plus souvent comme contre modèle ou épouvantail. Vous parlez de l’anti-américanisme comme d’une désinformation étatique (p.229). Les contribuables financent donc d’une certaine façon cet anti-américanisme…

Oui effectivement. C'est vrai que l'anti-américanisme est très répandu en France. Ce n'est pas le sujet principal de mon livre. Il y a d'autres livres de très grande qualité, dont le livre de Jean-François Revel, L’Obsession anti-américaine, mais c'est un leitmotiv en France, des médias et de nos politiques, de gauche et de droite. Une des caractéristiques de l’anti-américanisme en France est qu’il est autant d'extrême gauche que d'extrême droite, de centre, de gauche ou de droite. Cet anti-américanisme est paradoxal, il trouve ses sources dans une désinformation ambiante quasi présente dans tous les médias français. Paradoxal pour la simple raison que l'information sur les Etats-Unis est disponible, on peut la trouver très facilement sur Internet, dans les bibliothèques, dans les centres de recherches. Un exemple concret : l'ouragan Katrina l'année passée. J'ai vu beaucoup de spécialistes des Etats-Unis sur les plateaux de TV accuser l'administration Bush d'avoir baissé les aides publiques à la Louisiane. J'ai vérifié, ça m'a pris 5 minutes sans exagérer. Depuis l'arrivée de Bush en 2000, jusqu'en 2005 les aides de l'état fédéral à l'état de Louisiane, non seulement n'ont pas baissé, mais ont augmenté, de plusieurs millions de dollars. C'est un exemple de désinformation alors que l'information est disponible. Tout ce que vous voulez savoir sur les Etats-Unis est disponible dans le Greenbook, qui est un livre de données statistiques sur les Etats-Unis. On peut le commander sur Internet et vérifier toutes les informations statistiques.
Cet anti-américanisme se nourrit de clichés. Un autre exemple très concret : la pauvreté. Dès qu'il s'agit de faire une réforme en France dans le sens plutôt libéral, donc avec un peu moins d'Etat et plus de société civile, on nous ressort le cliché "attention, on va créer la pauvreté comme aux Etats-Unis", comme si les pauvres aux Etats-Unis tombaient dans la rue et crevaient de faim dans l'indifférence totale. A L'iFRAP, il y a quelques années nous avons comparé la situation des pauvres aux Etats-Unis et en France et nous avons trouvé la chose suivante : contrairement aux clichés, les Etats-Unis redistribuent presque deux fois plus que la France aux pauvres. Donc les aides publiques reversées par l'Etat sont deux fois plus élevées qu'en France alors qu'on en prélève deux fois moins. Les pauvres français sont malheureusement dépendants des administrations donc une partie de l'argent se perd en route. Et je ne tiens pas compte de l'aide privée qui est énorme [aux Etats-Unis, ndlr], de l'ordre de centaines de milliers de dollars, sinon plus.

 

Pensez-vous qu’il s’agisse d’une inconscience totale des conséquences par lâcheté et besoin d’un bouc émissaire, ou d’une réelle volonté de nuire ?

Je pense qu'il s'agit des deux. Un bouc émissaire parce que comme je le disais, si quelque chose va mal, on ne va pas le reconnaître et dire qu'on a fait une mauvaise politique économique, de l'emploi ou de l’éducation nationale, c'est la faute de l'extérieur, comme des Etats-Unis ou de la Chine. C'est un bouc émissaire c'est évident.
Une deuxième explication, c'est que l'Amérique va bien et que l'économie marche très bien. Même dans ses pires moments de recul économique, après 1945, le chômage aux Etats-Unis n'a jamais atteint le niveau français, alors que parfois l'économie ne marchait pas aussi bien. Même en 2001, il y a eu une petite récession économique et le chômage n'est jamais arrivé aux 12% ou 14%, le niveau français. Donc il y a une sorte de jalousie, c'est évident et c'est valable pas seulement pour la France mais pour les autres pays, du Tiers Monde ou en voie de développement. On regarde l'Amérique avec envie, on veut faire comme elle et en même temps on ne l'aime pas parce qu'elle va très bien, parce qu'elle est trop belle et en trop bonne santé. C’est l’une des explications.
Pour ce qui est du terrorisme, il y a un nombre incalculable de clichés qui circulent qui sont injustes après les attentats du 11 septembre. Il faut se souvenir qu'un seul journal français, le Parisien, a publié le lendemain des photos de scènes de joie dans les banlieues françaises. Il y a un problème grave de perception de l'Amérique, mais tout ça provient de la désinformation ambiante. Les médias, l'éducation nationale, les manuels scolaires traitent l'Amérique comme une superpuissance, selon l'expression d’Hubert Védrine, qui ferait tout ce qu'elle veut dans le monde. D'ailleurs cela date de l'existence du bloc communiste, on mettait face à face les Etats-Unis et l'Union Soviétique, deux empires. Sauf que les Etats-Unis ne sont pas un empire, aucune ressemblance avec l'Union Soviétique ou l'Empire Romain. Et on disait, il y a d'un côté les Etats-Unis et de l'autre l'Union Soviétique et on disait c'est du pareil au même. Et si l'Union Soviétique s'est écroulée c'est parce que ça n'allait pas bien mais les Etats-Unis, ce n'est pas bien non plus. Mais les Etats-Unis continuent à marcher bien. Emmanuel Todd, un anti-américain notoire, dit toujours que l'économie américaine va s'écrouler, mais ça fait des années qu'il le dit. Bizarrement, ce matin j'ai vu une dépêche disant que le déficit budgétaire des Etats-Unis est deux fois moins élevé que prévu, grâce aux baisses d'impôts de Bush.
Sur le plan international, quoi que fassent les Etats-Unis, ce n'est pas bon. S'ils agissent, ce n'est pas bien, s'ils n'agissent pas, ce n'est pas bien non plus. S'ils agissent on les accuse d'agir tout seuls, alors que c'est faux. Et lorsqu'ils laissent l'Europe ou ce qu'on appelle la communauté internationale agir, on leur reproche de ne rien faire. Deux exemples concrets, la Corée du Nord et l'Iran. On a remarqué l'échec total de la troïka européenne dans les négociations avec l'Iran – un peu comme en Irak en 2003 – alors que les Américains leur ont dit "allez, négociez". On en arrive à la situation où les Américains devront intervenir. En Corée du nord c'est pareil, ce dictateur sinistre lance des missiles pour forcer la communauté internationale à lui envoyer de l'argent et des aides, mais à chaque fois qu'il y a des négociations entre l'Europe et d'autre pays, ça ne mène à rien. On va encore en arriver au bâton, c'est inévitable. Donc quoi qu'ils fassent, ce n'est pas bien, c'est une constante de l'anti-américanisme.
Un spécialiste soi-disant des Etats-Unis, Gilles Delafon, au Journal du Dimanche, passe son temps à écrire des articles anti-Bush et anti-américains et il répand ses lumières aussi sur Canal +. D'ailleurs, les Guignols de l'Info, c'est une émission anti-américaine à 100%.
Pascal Boniface est un autre "spécialiste" qui ne fait qu'accuser Bush et les Etats-Unis de tous les maux de la planète. Vous avez un cercle assez large de soi-disant spécialistes de l'Amérique qui ne font qu'attaquer l'Amérique sans arguments et sans preuves.

 

L'anti-américanisme est-il aussi répandu en Europe ?

Il existe un anti-américanisme dans les autres pays mais pas comme en France. Je connais d'abord les pays de l'est puisque que je suis d'origine roumaine. J'y suis allé il y a quelques semaines. Ca n'a rien à voir bien sûr. En tout cas pour ce qui est de l'Irak et la lutte contre le terrorisme, c'est clair. Là-bas vous avez le camp du bien et le camp du mal. Il n'y a pas d'affirmation du genre "ils l'ont bien mérité" ou des bêtises de ce genre. Là c'est évident. D'ailleurs la Roumanie a des troupes en Afghanistan et en Irak. Il y a toujours cette jalousie c'est normal : ils sont riches, ils sont puissants. Mais tout le monde rêve de l'Amérique. Même dans les pays arabes, on rêve de l'Amérique. Il ne faut pas croire. Moi je crois en l'individu, en la société civile. Le sondage qui a été fait en Irak à la fin de la guerre en 2003 montrait que plus de 80% des Irakiens étaient pour la guerre. Malheureusement il y a des groupes de terroristes et des nostalgiques de l'ancien régime totalitaire qui font régner la terreur dans certaines régions de ce pays.
Je connais un peu aussi les pays nordiques, j'ai eu un collègue originaire de Suède, il m'a longtemps traduit des articles norvégiens ou danois. La façon dont on traite l'information provenant d'Irak n'a rien à voir avec ce qu'on dit ici. Ici, en France, vous n'avez aucune information sur l'Irak, sauf pour nous donner le nombre de morts et d’explosions et d'attentats. Là-bas, j'ai remarqué des articles sur ce qui se passe du point de vue économique : la monnaie est stable, pas d'inflation, le flux de commerce marche très bien, il y a même une région autour de Mossoul avec un boom économique, ça va d'ailleurs être une plaque tournante du commerce dans la région. Je connais personnellement un Irakien de cette région-là, ça se passe très bien, il fait des affaires. Les médias français occultent totalement cette information, sauf rares exceptions. Dans les autres pays, vous avez une information différente et pas le même anti-américanisme.

 

Certains médias aux Etats-Unis sont aussi anti-américains. Mais ils ont en face d'eux d'autres médias qui donnent une autre information. En France, on a un peu l'impression que les médias se sont donné le mot et sont de concert anti-américains…

Il n'y a pas de médias pro-américains [en France, ndlr]. Il ne faut pas oublier que nous sommes le seul pays à avoir publié une revue consacrée uniquement à l'anti-américanisme, Empire.
Un autre exemple, je trouve une revue distribuée gratuitement dans le métro, qui s'appelle "Voyage Pratique", qui est censée donner des conseils sur le voyage, et j'y trouve un éditorial anti-américain à propos des passeports biométriques en accusant les Américains de ne pas vouloir nous donner des passeports pour aller là-bas alors que c'est la faute, tout le monde le sait, des syndicats de l'imprimerie nationale qui ont refusé de perdre le monopole pour la délivrance de ces passeports. Il n'y a pas de médias qui traitent l'information correctement sur les Etats-Unis. Il y a deux mois, j'ai vu dans le Figaro un article qui comparait Guantanamo à un goulag. C'est une insulte aux victimes du goulag, c'est comme si on l'avait comparé à Auschwitz, je pense que ce serait une insulte aux victimes d'Auschwitz. Le goulag était un camp de concentration et d'extermination, où des millions de personnes sont mortes exterminées, massacrées, mortes de faim, de froid au fond de la Sibérie. Quand on voit un article du Figaro faire cette comparaison, on peut se demander quel est le degré d'honnêteté de nos journalistes.

 

Justement, en Union Soviétique, on empêchait les gens de sortir en leur disant que l'Occident était pourri. Aujourd'hui on nous dit que les Etats-Unis sont pourris, mais ça n'empêche pas des milliers d'immigrants dans le monde de faire le choix d'aller aux Etats-Unis tous les ans…

Bien sûr, faites une enquête en Irak ou en Iran et demandez-leur, est-ce que vous partiriez aux Etats-Unis si vous aviez la possibilité de partir demain matin. Je pense que 99% des personnes diraient oui, il ne faut pas se voiler la face. C'est une évidence. Les Français aussi. Je pense qu'il y a quand même plus d'honnêteté intellectuelle chez le Français moyen malgré le bombardement médiatique anti-américain sur toutes les chaînes TV.
J'ai remarqué un petit mieux, si je puis dire, pour ce qui est de l'information sur l'économie américaine. J'ai vu plusieurs commentaires et articles positifs. Cela s'est un peu amélioré pour ce sujet-là mais pas pour le reste, pas pour la politique internationale. Et ce ne sont pas des analystes mais de simples journalistes, même dans Le Monde je l'ai vu, ils commencent à reconnaître que l'économie américaine ne créait pas que des petits boulots, mais de vrais boulots et que donc l'économie marche très bien. Voilà, c'est un petit pas en avant, peut-être que dans cinquante ans (rires), le reste s'améliorera aussi.

 

Pour résumer l'anti-américanisme, je souhaiterais faire référence à deux articles. Le premier, qui faisait la une du Nouvel Observateur en janvier 2004, "L'Amérique qu'on aime" et qui, pour illustration en couverture, montrait la tête de Michael Moore remplaçant celle de la Statue de la Liberté. L'autre, un article de Charles Krauthammer, paru en septembre 2003 dans Time Magazine, au moment de l'anniversaire du 11 septembre dans lequel l'éditorialiste expliquait que l'Amérique que les anti-américains "aiment" est l'Amérique à genoux…

La phrase célèbre de Colombani dans Le Monde, "Nous sommes tous Américains", n'a pas duré longtemps. Le Nouvel Observateur est un repère d'anti-américains et d'étatistes notoires. Ils sont allés très loin, comme la revue Marianne, vraiment ça atteint l'apogée de l'anti-américanisme et de l'hystérie anti-Bush. Je voudrais dire aussi qu'il y a un anti-américanisme très virulent contre le président Bush, il y a une espèce d'hystérie qui s'est déclenchée avant les élections de 2004. On peut ne pas être d'accord avec lui, on peut le critiquer, avec des arguments, à bien des aspects, moi aussi je l'ai fait, mais ce qu'on dit sur lui, quoi qu'il fasse, c'est vraiment l'hystérie. Marianne, Le Nouvel Observateur, et même d'autres journaux, font cela. Et j'ai compris dans un des éditoriaux de Denis Jeambar de L'Express : ils étaient d'une certaine façon obligés de le faire. Il a fait un éditorial après les élections, disant "il ne faut pas croire que nous avons fait des numéros anti-Bush, mais c'est un peu l'actualité", donc ils l'ont quand même fait alors que lui dans ses livres est très modéré et souvent d'accord avec le président américain.
Vous avez toute une campagne qui a atteint l'apogée avec la correspondante de Canal + aux Etats-Unis qui a fondu en larmes en direct, je l'ai vu moi-même, à l'annonce des résultats, parce que Bush avait gagné, et a montré la limite du travail de journaliste neutre et un peu l'orientation de ces médias. Vu la façon dont Christine Ockrent menait les débats, quand au début on a cru que Kerry allait gagner, d'abord de l'excitation puis la tristesse sur son visage et de ses invités… Les médias se sont ouvertement prononcés contre ce président et n'ont pas du tout vu l'impact de ce qu'il a fait au point de vue économique, politique et international. Ils n'ont pas interprété le vote pour lui. Si vous regardez le vote pour le président Bush, vous pouvez remarquer que ce ne sont pas les riches mais les classes populaires qui ont voté pour lui. Les riches ont voté pour Kerry. Il n'y a jamais eu autant de votes de minorités en faveur d'un président républicain qu'il y en a eu pour Bush.
Contre Bush c'est de la folie, de l'hystérie.

 

Pouvez-vous nous présenter Notre Amérique ?

Notre Amérique est une revue qui vient d'être lancée par l'iFRAP, par Bernard Zimmern, c'est une revue qui essaie de combler le vide dont je viens de parler sur l'information sur les Etats-Unis. On prend des informations vraies sur les Etats-Unis, des informations qu'on ne trouve pas ailleurs, ou qu'on trouve mais qui sont déformées. Elle a un aspect de lettre d'information, par manque de moyens. Mais ce n'est qu'un début. Nous sommes déjà à quelques centaines d'abonnés, avant même le premier numéro. Cela montre un peu l'envie des gens d'avoir de l'information. Quelques exemples, on parle des écoutes téléphoniques critiquées dans les médias français alors que tout à fait légales, on parle de Guantanamo et du statut des prisonniers – qui ne sont pas des soldats, ni des individus comme vous et moi, ce sont des terroristes apatrides –, des syndicats aux Etats-Unis. Ce sont des articles assez courts, essayant de montrer la vraie information sur les Etats-Unis. On va commencer comme bi-mensuel et on va essayer de devenir la revue de référence sur les Etats-Unis.
Dans la revue Société Civile nous continuons nos enquêtes, mais côté plus économique.

Propos recueillis le 11 juillet 2006 par Carine Martinez,
Responsable de la Cellule Jeune de France-Etats-Unis Paris.

 

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