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Interview
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2004 fut une année passionnante pour tous ceux qui s'intéressent à la présidence des Etats-Unis d'Amérique. Alors que le monde
retenait
son souffle le 2 novembre, quelques mois plus tôt était publié Presidential Leadership - Rating the Best and the Worst in the White House.
Sous la direction de James Taranto du Wall Street Journal et Leonard Leo de la Federalist Society, le but de l'ouvrage est de répondre à la question :
Qu'est-ce qui fait un grand président américain ?
En quoi ces deux classements sont-ils différents des précédents ? Pensez-vous qu'ils sont plus représentatifs de la façon dont les Américains jugent leurs présidents ? La plupart des enquêtes reflètent le parti pris de gauche du milieu universitaire, et donc ont tendance à donner, de façon ostentatoire, une mauvaise cote aux présidents conservateurs, tout particulièrement les plus récents. A l'opposé, notre intention était d'interroger un groupe idéologiquement équilibré d'universitaires afin que nous puissions connaître ce que les érudits penseraient si l'éventail de leurs opinions politiques était identique à celui de la population toute entière.
Alors que la version brochée de 2004 n'offrait pas de classement pour le président actuel, George W. Bush (le sondage datant de 2000), le nouveau sondage classe le président George W. Bush à la 19ème place sur 40, ce qui n'est pas si mal si l'on prend en considération ce que l'on peut entendre en France. Vous avez fait remarquer que certains présidents, tels que Truman et Reagan, ont tendance à être moins bien notés quand nous sommes encore trop proches de leur mandat. Pensez-vous que le président George W. Bush pourrait être mieux noté d'ici une dizaine d'années ? Oui, et si l'Irak finit par être vu comme une réussite, c'est quasiment certain.
Je présume que Presidential Leadership était principalement destiné aux Américains. Le livre est très instructif, tout particulièrement les essais sur chaque président. Ne pensez-vous pas que Presidential Leadership plairait aux non-Américains qui s'intéressent à la politique et à l'histoire américaines et pourrait constituer une meilleure façon de comprendre les Etats-Unis, à travers leurs présidents ? Tout à fait. J'encourage vivement vos lecteurs à l'acheter.
S'il y avait un ou deux président(s) que les Français pourraient apprendre à mieux connaître afin de mieux comprendre la politique et la présidence américaines, quel(s) serai(en)t-il(s) ? Je pense que je dirais Reagan qui, comme le président actuel, n'était pas très apprécié en Europe durant son mandat. Mais il était très Américain, tout comme ses politiques.
Concernant le leadership du président en matière de politique économique, M. Robert C. Bartley a écrit : "Le principal travail des présidents consiste non en des interventions hyperactives, mais à réduire les
entraves artificielles, érigées dans la majorité par les anciennes générations de présidents pour des raisons autres que de faire avancer la prospérité.
En ce qui concerne l'économie, nous pouvons espérer que les présidents apprennent dans leur majorité que le secret de leur leadership c'est de ne pas se mettre en travers du chemin." Je ne connais pas assez la politique française pour répondre à cette question intelligemment, désolé.
Vous tenez une colonne quotidienne (du lundi au vendredi) :
Best of the Web Today. Vous avez été parfois un peu dur vis-à-vis des Français depuis l'opposition du pays à l'intervention, menée par les Etats-Unis, en Irak. Vous continuez à faire référence de façon sarcastique à John Kerry comme
étant le "Démocrate du Massachusetts, hautain et qui ressemble à un Français" ("haughty, French-looking Massachusetts Democrat"). Beaucoup de mes concitoyens n'ont pas compris les critiques envers la France suite à ce qu'ils ne considéraient que comme une divergence d'opinion. Je dirais que la forte aversion pour la politique française vient de deux facteurs : (1) le sentiment que les Français ont arbitrairement une attitude d'autosatisfaction bien que leurs positions proviennent en fait d'un grossier intérêt personnel, et (2) le sentiment que la France a une idée surdimensionnée de sa propre importance dans le monde. Cela dit, je suis allé en France à deux reprises ces deux dernières années et j'ai beaucoup apprécié les deux visites. Je pense que les Français sont adorables ; j'aimerais seulement qu'ils gardent leur politique pour eux. Quant à Kerry "qui ressemble à un Français", c'est surtout fait pour se moquer de Kerry. La partie concernant les Français est accessoire. Début 2003, quelqu'un de la Maison Blanche était cité décrivant Kerry comme étant "hautain" et disant qu'il "avait l'air français", ce qui constituait de très faibles insultes, - mais Kerry s'est plaint amèrement, disant qu'"ils pratiquaient la politique de destruction personnelle". Je continue à le répéter surtout pour me moquer de Kerry d'être si susceptible. Se moquer des Français au passage est juste un petit bonus supplémentaire. Interview réalisée par e-mail en
novembre 2005 par Carine Martinez,
Liens utiles (Retour à l'interview) Executives Examined The Federalist Society’s Leonard Leo Talks About His New Book ‘Presidential Leadership’ - Center for Individual Freedom How's He Doing? |